mardi 26 août 2008
Récession ou pas récession ? Faut-il s’inspirer de ce qui se fait en Allemagne ?
Par bjl, le mardi 26 août 2008 :: Articles
Récession ou pas récession ? Faut-il s’inspirer de ce qui se fait en Allemagne ?
Nos industriels sont toujours en train de tendre la main pour pomper l’argent public. De plus, cette politique monétaire vient de l’hyperinflation allemande des années 20, elle-même conséquence d’un traité de Versailles aux conditions financières irréalistes exigées par la France... Tout compte fait, la politique de rigueur monétaire de la Bundesbank, c’était quand même mieux que le laxisme de la Banque de France.
Les marchés savaient où était la rigueur et où était le laxisme. Une perspective historique aide parfois à comprendre le pourquoi du comment. Néanmoins, en subventionnant les exportations et en taxant la consommation comme elle le fait aujourd’hui, l’Allemagne organise son appauvrissement à long terme, et donc celui de la France.
Si les taux d’intérêt sont plus élevés que le taux de croissance, vous acculez à la faillite les entrepreneurs et l’économie s’effondre. Depuis la réunification allemande, les taux en Europe sont supérieurs à la croissance et donc que seules survivent les entreprises qui n’ont que des fonds propres et pas de dettes. Cela correspond
à un gaspillage de capital et à une croissance encore une fois sub-optimale.
L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire. La masse monétaire en
Euroland a explosé à la hausse depuis cinq ans. Le danger inflationniste est beaucoup plus grand aujourd’hui en Europe qu’aux Etats-Unis et, comme les taux sont trop élevés, nous allons avoir une superbe récession inflationniste, fabriquée de toutes pièces par la BCE.
L’inflation, c’est aussi, comme le disait Jacques Rueff –(23 août 1896 - 23 avril 1978), haut fonctionnaire et économiste libéral français-, financer des dépenses qui ne rapportent rien (les retraites) avec de l’argent qui n’existe pas (émission d’obligations). Ça ne va pas être beau à voir...
La réglementation tatillonne, l’irresponsabilité de l’Etat et de l’administration, une fiscalité idiote bien souvent et des éducateurs qui vivent dans un ghetto hors de l’économie réelle sont responsables de la récession économique, entrepreneuriale et morale en France ! Si tous les jeunes rêvent d’être fonctionnaires, c’est que les parents, les éducateurs et les médias font mal leur boulot, pour sûr. Fonctionnaires promis à des coupes sombres. Mais, comme me dit souvent un forestier de mes amis, les coupes claires sont autrement plus sévères.
Balance commerciale et balance des paiements : attention à ne pas pratiquer un amalgame facile mais pas correct.
Une balance commerciale excédentaire est le signe positif que le monde extérieur apprécie vos produits et qu’ils sont fabriqués à un coût compétitif. C’est le signe d’un savoir-faire et d’un Etat qui ne coûte pas trop cher et ne redistribue pas trop. Une balance commerciale négative montre un pays qui a peu de savoir-faire et où la consommation est supérieure à ce qui est produit intérieurement.
C’est la cigale de La Fontaine (pour la France) ou la grenouille qui se fait plus grosse que le bœuf (pour les Etats-Unis)
Néanmoins, si la balance commerciale voulait dire quelque chose, la théorie des avantages comparatifs de Ricardo (*) serait fausse... ce que croient bien entendu Le Monde diplomatique, José Bové et Besancenot…
Et gardons en mémoire le colbertisme : en maintenant des excédents perpétuels et en accumulant de l’or en échange, Colbert n’a pas permis aux pays importateurs de croître. Nos exportations avaient fini par s’effondrer, puisque nous n’avions pas fourni à nos clients des moyens de paiement. CQFD.
Balance des paiements : si un pays offre une sécurité juridique totale au propriétaire et/ou une rentabilité très forte, le monde entier va vouloir investir chez lui. De ce fait, il aura une balance des capitaux excédentaire, et une balance des comptes courants déficitaire. Qu’est-ce que cela veut dire sur la façon dont il est géré ?
La réponse est : rien. On peut interpréter les bons chiffres commerciaux de l’Allemagne comme le signe que la rentabilité sur capital investi y est trop faible et que donc le pays est l’objet de sorties de capitaux massives.
Rien de définitif ni de bien établi pour répondre à la question.
(*) Ricardo David (anglais) -né le 18 avril 1772 et mort le 11 septembre 1823- développe l'exemple des échanges de vin et de drap entre l'Angleterre et le Portugal. Avec un nombre d'heures de travail donné, le Portugal produit 20 mètres de drap et 300 litres de vin tandis que l'Angleterre produit 10 mètres de drap et 100 litres de vin. L'Angleterre est donc désavantagée dans les deux productions. Ricardo montre pourtant que l'Angleterre a intérêt à se spécialiser dans la production de drap, où elle possède un avantage relatif, car avec 10 mètres de drap, elle obtiendra 150 litres de vin portugais (contre 100 chez elle). À l'inverse, le Portugal devra se spécialiser dans la production vinicole puisque l'échange avec l'Angleterre de 300 litres de vin portugais lui permettra d'obtenir 30 mètres de drap anglais au lieu de 20 mètres de drap portugais. L'Angleterre a un avantage comparatif dans la production de drap alors que le Portugal possède un avantage absolu.